Qu’est-ce que le vol relatif vertical et en quoi diffère-t-il du freefly ?
Le vol relatif vertical (VFS, pour Vertical Formation Skydiving) est une discipline de parachutisme où plusieurs personnes réalisent des figures coordonnées en chute libre, le corps orienté verticalement. Les positions les plus courantes sont la tête en bas (head-down) et debout, pieds vers le bas (head-up). Les parachutistes se rapprochent, prennent des prises sur les combinaisons et enchaînent une séquence de formations avant de se séparer pour ouvrir leur parachute.
Le VFS appartient à la famille du freefly, mais les deux termes ne désignent pas exactement la même chose. Le freefly regroupe différentes façons de voler en chute libre, souvent en solo ou en petit groupe ; le VFS met l’accent sur la construction de figures collectives verticales, avec des séquences définies en compétition. Il se distingue du vol relatif traditionnel, où les figures sont principalement réalisées à plat, ventre face au sol. Les vitesses et repères changent selon l’orientation du corps : le contrôle de la trajectoire et la vigilance collective sont donc essentiels.
D’où vient le VFS et quand s’est-il structuré ?
Le VFS s’est développé à partir du freefly moderne, qui a pris son essor dans les années 1980 et 1990, notamment aux États-Unis. Il n’existe pas de date unique ni d’inventeur auquel attribuer la naissance de la discipline : les parachutistes ont progressivement expérimenté les positions verticales et les vols en groupe.
À mesure que les formations se sont organisées, des règles et des formats de compétition ont été établis. Le VFS est aujourd’hui reconnu comme une discipline de compétition du parachutisme, avec des épreuves encadrées au niveau international par la FAI. Son développement reste plus limité que celui du vol relatif classique : il nécessite des pratiquants expérimentés, un encadrement spécialisé et des conditions de saut adaptées.
Comment se déroule une épreuve de VFS ?
En compétition, les équipes réalisent une séquence de formations dans un temps de travail défini. Le format VFS à quatre parachutistes est le plus courant : une équipe complète des figures imposées, filmées par un vidéoparachutiste qui accompagne le groupe sans participer aux prises.
Les séquences combinent des formations aléatoires et des blocs. Une formation est une figure à réaliser ; un bloc comprend plusieurs formations reliées par une transition déterminée. Les équipes tirent leur séquence selon le règlement de l’épreuve, puis tentent d’exécuter le plus de figures possible avant la fin du temps imparti. Dans le format à quatre, la fenêtre de travail est généralement de 35 secondes en compétition, mais les modalités exactes dépendent du règlement applicable.
Le film permet aux juges de vérifier les formations et les transitions. Une figure doit être clairement construite, avec les contacts requis, pour être validée. Les erreurs de séquence, les prises manquées ou les formations incomplètes peuvent faire perdre des points. En entraînement, les équipes peuvent adapter le nombre de participants et la difficulté à leur niveau ; la sécurité prime sur la vitesse d’exécution.
Quel équipement faut-il et quel budget prévoir ?
Le parachutiste utilise un équipement homologué et ajusté à sa morphologie ; la combinaison est spécialement conçue pour permettre les prises entre partenaires. Les prix ci-dessous sont indicatifs : ils varient selon l’état du matériel, le centre et les options choisies.
| Élément | Rôle | Fourchette indicative |
|---|---|---|
| Système de parachute principal et de secours | Assurer le retour au sol ; entretien et contrôles réguliers indispensables | 3 500 à 7 000 € neuf |
| Combinaison de VFS avec grippers | Ajuster la vitesse et fournir des prises sur les bras et les jambes | 250 à 600 € |
| Casque adapté au parachutisme | Protéger la tête et recevoir éventuellement un altimètre sonore | 150 à 500 € |
| Altimètre visuel et sonore | Suivre l’altitude sans perdre les repères de chute | 100 à 300 € par appareil |
| Lunettes de chute | Protéger les yeux et maintenir une vision claire | 20 à 80 € |
| Sauts, licence et encadrement | Accéder à la pratique, à l’assurance et au coaching | Plusieurs milliers d’euros par an selon le volume |
Pour un pratiquant régulier, le budget annuel peut se situer autour de 2 500 à 9 000 €, matériel amorti compris. Les sauts, le coaching, les déplacements et le renouvellement ou l’entretien du parachute expliquent l’essentiel de la dépense. Avant tout achat, mieux vaut demander conseil à un centre : le matériel doit être adapté à la discipline et contrôlé selon les règles en vigueur.
Comment commencer le vol relatif vertical en France ?
Il faut d’abord apprendre le parachutisme et devenir autonome sous voile : le VFS n’est pas une activité de première chute. En France, l’accès à un premier saut sportif est généralement possible à partir de 15 ans, avec des conditions particulières pour les mineurs. Les exigences d’âge et de santé doivent être confirmées auprès de l’école ou du centre choisi.
Le parcours commence par une formation initiale au parachutisme, puis par l’acquisition d’une pratique régulière en chute libre. Le parachutiste doit savoir garder une position stable, se déplacer de façon maîtrisée, contrôler son altitude et ouvrir son parachute sans assistance. Les prérequis précis pour rejoindre un groupe de VFS — expérience, niveau fédéral ou nombre de sauts — varient selon les encadrants ; il n’existe pas de seuil universel à appliquer sans vérifier.
En France, il faut chercher un centre de parachutisme proposant du freefly ou du VFS avec un encadrement qualifié. Toutes les zones de saut ne disposent pas de cette offre. Une licence fédérale avec assurance est habituellement nécessaire pour sauter en autonomie. Le centre précisera aussi les documents médicaux requis : certificat médical ou questionnaire de santé, selon la réglementation applicable et la situation du pratiquant. En cas de pathologie ou de doute, demandez l’avis d’un médecin avant de sauter.
Les premières séances de VFS se font avec un instructeur ou un coach : travail des positions, petits exercices de déplacement et apprentissage des repères visuels. La soufflerie peut aider à répéter certaines postures, mais elle ne remplace ni l’expérience en avion ni la formation aux procédures de sécurité en chute libre.
Quels bénéfices, quelle dépense énergétique et quels risques ?
Le VFS développe surtout la coordination, l’équilibre en mouvement, la conscience de l’espace et la capacité à rester concentré sous contrainte de temps. Tenir une position stable sollicite le tronc et les muscles des jambes et des épaules, mais ce n’est pas une activité d’endurance classique : une chute dure peu de temps, et la dépense physique d’une séance dépend beaucoup du nombre de sauts et des périodes d’attente.
Une valeur de l’ordre de 3,5 MET peut servir de repère général pour le parachutisme, mais elle ne décrit pas précisément l’effort d’une séquence de VFS ni la dépense totale d’une journée. La gestion du stress et la confiance progressent aussi avec l’apprentissage des procédures et la répétition des gestes, sans que cela dispense d’une préparation rigoureuse.
Le risque est élevé, comme dans les autres pratiques de chute libre. Une collision, une ouverture trop proche d’un autre parachutiste, une perte de repères ou une mauvaise gestion de l’altitude peuvent entraîner un accident grave. Le respect des consignes du centre, des séparations prévues, des procédures d’ouverture et des règles de météo est impératif. Un pratiquant doit renoncer à un saut s’il ne se sent pas apte ou si les conditions ne lui paraissent pas sûres.
Comment progresser en sécurité en position tête en bas ?
La progression doit se faire par étapes, avec un encadrant qui connaît le freefly et le VFS. Avant de chercher à rejoindre une formation, il faut pouvoir maintenir une position stable, contrôler sa hauteur et s’éloigner sur commande. La maîtrise de la position tête en bas ne s’improvise pas : les vitesses relatives et les déplacements peuvent surprendre un parachutiste habitué au vol à plat.
Des exercices utiles consistent à travailler d’abord la stabilité, puis les petits déplacements latéraux et les rotations contrôlées, sans enchaîner trop vite les difficultés. En soufflerie, le coach peut corriger la position du bassin, l’alignement du corps et la symétrie des appuis. En chute, les objectifs doivent rester simples et convenus avant le départ : une figure à la fois, des repères clairs et une altitude de séparation définie selon les procédures enseignées.
Les erreurs fréquentes sont de tendre les bras pour « attraper » un partenaire, de corriger trop brusquement une rotation, de fixer un seul point ou de se rapprocher sans contrôler sa vitesse. Il faut aussi éviter de retarder la séparation pour sauver une figure ratée. Le débriefing vidéo, lorsqu’il est disponible, aide à comprendre les trajectoires et à fixer un objectif réaliste pour le saut suivant.
Quelles compétitions et fédérations encadrent le VFS ?
En France, la Fédération française de parachutisme (FFP) encadre le parachutisme sportif et organise la pratique compétitive nationale. À l’international, les règles relèvent de la Fédération Aéronautique Internationale (FAI), par l’intermédiaire de l’International Skydiving Commission (ISC). Les catégories, séquences et critères de jugement sont précisés dans les règlements propres à chaque édition.
Les compétitions nationales et internationales permettent aux équipes de comparer leur précision et leur régularité. Le format à quatre est le repère principal du VFS en compétition ; des formats adaptés peuvent aussi être utilisés pour l’apprentissage ou des rencontres locales. Les calendriers et les catégories évoluent, il est donc préférable de consulter les informations fédérales de la saison concernée.
Le VFS demeure une spécialité de niche en France : les groupes sont moins nombreux que dans les disciplines de parachutisme les plus pratiquées, et les entraînements demandent une logistique importante. Pour trouver un collectif, renseignez-vous auprès de la FFP et des zones de saut proposant un accompagnement en freefly. Une équipe progresse en planifiant ses objectifs, en filmant ses sauts et en faisant évaluer régulièrement ses pratiques par des encadrants compétents.
Lexique et vocabulaire : Vol relatif vertical
- VFS
- Abréviation de *Vertical Formation Skydiving*. Désigne une discipline où des parachutistes construisent des figures collectives en chute libre, en position verticale, principalement tête en bas ou debout.
- Freefly
- Famille de pratiques de chute libre qui utilise des orientations autres que le vol à plat ventre face au sol. Le VFS en est une forme collective et structurée.
- Head-down
- Position verticale dans laquelle le parachutiste vole tête vers le bas et pieds vers le haut. Elle demande un contrôle fin de l’axe du corps et des déplacements.
- Head-up
- Position verticale où le parachutiste vole les pieds vers le bas et la tête vers le haut. Elle permet de réaliser des formations debout ou assises selon la figure.
- Formation
- Figure réalisée par plusieurs parachutistes qui se rapprochent et établissent les prises prévues. En compétition, elle doit respecter une configuration définie pour être validée.
- Bloc
- Élément de séquence composé de plusieurs formations reliées par une transition précise. Les équipes doivent exécuter les différentes phases dans l’ordre prévu par le règlement.
- Formation aléatoire
- Figure tirée au sort pour une séquence de compétition. Elle doit être construite selon la configuration définie, sans transition imposée par un bloc.
- Gripper
- Zone de prise cousue sur une combinaison de parachutisme, généralement aux bras ou aux jambes. Les équipiers l’utilisent pour établir les contacts des figures.
- Vidéoparachutiste
- Parachutiste chargé de filmer une équipe en chute libre. Ses images documentent l’exécution des figures et peuvent servir au jugement en compétition.
- Break-off
- Séparation organisée des membres d’une formation avant l’ouverture des parachutes. Elle vise à préserver un espacement suffisant et suit des consignes préparées à l’avance.
- Soufflerie
- Installation qui produit un flux d’air vertical permettant de travailler des positions de vol sans sauter d’un avion. Elle complète l’entraînement, mais ne remplace pas le parachutisme.
Vol relatif vertical : questions fréquentes
Peut-on s’entraîner au VFS en soufflerie avant de sauter ?
Oui, la soufflerie permet de travailler certaines positions verticales et de recevoir des corrections immédiates. Elle constitue un complément utile, mais les repères, la vitesse, les procédures d’altitude et la séparation en chute libre ne sont pas identiques. Un cours de soufflerie ne remplace donc pas la formation de parachutisme ni l’accord d’un coach pour commencer le VFS en extérieur.
Combien de temps dure la chute libre pendant un saut de VFS ?
La durée varie selon l’altitude de sortie, le type de saut et les conditions. Elle se compte généralement en quelques dizaines de secondes, tandis que le temps de travail en compétition est limité par le règlement et plus court. Le temps passé dans l’avion, sous voile et au sol allonge nettement la durée totale d’une séance.
Pourquoi un vidéoparachutiste accompagne-t-il les équipes de VFS ?
Le vidéoparachutiste filme la séquence depuis une position prévue pour conserver une vue exploitable sans gêner les figures. En compétition, les images servent aux juges à vérifier les formations et les transitions. À l’entraînement, elles aident l’équipe à repérer les écarts de position, les déplacements inutiles et les problèmes de synchronisation.
Peut-on pratiquer le VFS en sautant en tandem ?
Non, un saut en tandem est une découverte du parachutisme avec un moniteur, pas une formation de VFS. Construire des figures verticales suppose que chaque participant pilote sa position, suit les consignes de l’équipe et gère ses procédures de saut. Il faut d’abord suivre une formation de parachutisme sportif et atteindre le niveau demandé par l’encadrant.
Les femmes peuvent-elles participer aux compétitions de VFS ?
Oui. La pratique du VFS est ouverte aux femmes comme aux hommes, et les équipes peuvent être mixtes. Selon les compétitions et les règlements en vigueur, des catégories particulières peuvent exister. Les critères déterminants pour intégrer une équipe restent le niveau technique, la sécurité, la disponibilité pour s’entraîner et la capacité à travailler les séquences collectives.
Que signifie le terme « break-off » en parachutisme ?
Le break-off est la séparation planifiée des membres d’une formation avant l’ouverture des parachutes. Chaque participant suit une direction et une procédure convenues afin de créer de l’espace entre les parachutistes. En VFS, cette phase est particulièrement importante : elle doit être répétée et décidée avec l’encadrant, sans attendre de terminer une figure incomplète.
Que faire si l’on perd ses repères pendant une figure ?
Il faut appliquer les procédures apprises avec l’école ou le coach, plutôt que tenter de sauver la formation. La priorité est de retrouver une situation contrôlée, de respecter l’altitude et les consignes de séparation, puis d’ouvrir selon les règles enseignées. Si la désorientation se répète ou inquiète le pratiquant, il faut interrompre la progression et en parler à l’encadrant.
Données indicatives (dépense énergétique calculée pour 70 kg à partir du MET, budgets moyens constatés en France). Les règlements, tarifs et calendriers évoluent : vérifiez auprès de la fédération ou de votre club. Une erreur ? Signalez-la — voir notre méthodologie.








