Judo

Quelles sont les règles du judo en combat et comment compter les scores ?

Un combat de judo ne se résume pas à projeter son adversaire : l’arbitre évalue la qualité de la chute, les immobilisations, les soumissions et les comportements interdits. Voici comment lire les scores ippon, waza-ari et yuko, comprendre le golden score et repérer les situations qui entraînent une pénalité, avec les nuances à connaître selon l’âge et la compétition.

Mis à jour le 22 octobre 2026Lecture : 8 min
Un judoka contrôle son adversaire au sol pendant que celui-ci tente de sortir de l’immobilisation sur le tatami.

À retenir

  • En compétition internationale senior, le combat dure 4 minutes, puis passe au golden score si les scores sont à égalité.
  • L’ippon met fin au combat ; deux waza-ari valent un ippon, tandis que les yuko ne se cumulent pas.
  • En immobilisation, les seuils sont de 5 secondes pour yuko, 10 secondes pour waza-ari et 20 secondes pour ippon.
  • Un ou deux shido ne donnent pas de point à l’adversaire ; le troisième entraîne un hansoku-make.
  • Les règles IJF interdisent de saisir directement une jambe pour attaquer debout, mais les adaptations peuvent varier selon l’âge et l’épreuve.

Comment se déroule un combat de judo et combien de temps dure-t-il ?

Un combat international senior dure 4 minutes de temps de combat, hors interruptions arbitrales. Il se déroule sur un tapis composé d’une zone de combat carrée, généralement de 8 à 10 mètres de côté, entourée d’une zone de sécurité d’au moins 3 mètres. Le chronomètre s’arrête notamment lorsque l’arbitre annonce matte pour interrompre l’action.

Le combat commence debout, en tachi-waza. Les judokas cherchent une prise sur le judogi pour déséquilibrer et projeter. Lorsqu’une action se poursuit au sol, en ne-waza, ils peuvent tenter une immobilisation, une clé de bras ou un étranglement. L’arbitre annonce osaekomi si une immobilisation est reconnue, puis toketa si elle prend fin. Matte marque l’arrêt ou la reprise en position debout, selon la situation.

À la fin du temps réglementaire, le judoka qui possède le score le plus élevé gagne. Un ippon met fin au combat immédiatement. Si le score est à égalité, les combattants passent au golden score, une prolongation sans durée maximale.

Les pénalités départagent-elles les judokas au temps réglementaire ?

Non : un ou deux shido ne constituent pas un score technique et ne départagent pas les combattants à la fin du temps réglementaire. Si aucun judoka n’a gagné et que leurs scores sont à égalité, le combat continue en golden score. Le troisième shido entraîne une défaite par hansoku-make.

Comment compter ippon, waza-ari et yuko au judo ?

Les scores récompensent d’abord la qualité d’une projection. Le règlement international a réintroduit le yuko en 2025 : il existe donc à nouveau trois niveaux de score en compétition IJF. Un ippon termine le combat, tandis que waza-ari et yuko restent inscrits jusqu’à la fin du temps ou à un autre résultat décisif.

Décision Situation typique Effet sur le combat
Ippon Projection remplissant les critères de qualité, immobilisation de 20 secondes ou soumission reconnue Victoire immédiate
Waza-ari Projection de valeur intermédiaire ou immobilisation de 10 à moins de 20 secondes Score conservé ; deux waza-ari valent ippon
Yuko Projection de valeur inférieure ou immobilisation de 5 à moins de 10 secondes Score conservé ; ne s’ajoute pas à un waza-ari pour former ippon
Shido Infraction au règlement, par exemple passivité ou fausse attaque Pas de point donné à l’adversaire, sauf troisième shido, qui fait perdre le combat

Quand l’arbitre accorde-t-il ippon ?

Un ippon est accordé sur une projection lorsque l’adversaire est amené largement sur le dos, avec contrôle, force et vitesse. La simple chute sur le dos ne suffit donc pas toujours : si l’action manque de contrôle ou de puissance, l’arbitre peut attribuer un score inférieur, voire aucun score. L’ippon peut également être obtenu par une immobilisation de 20 secondes ou par une soumission reconnue, lorsque l’adversaire abandonne ou que l’arbitre arrête l’action pour sa sécurité.

Qu’est-ce qui différencie waza-ari de yuko ?

Le waza-ari récompense une projection proche de l’ippon, mais dont la réception ou l’exécution ne satisfait pas tous les critères du score maximal. Le yuko correspond à une action de moindre valeur, notamment lorsque l’adversaire retombe sur le côté ou les fesses sans que la chute justifie un waza-ari. La décision dépend de la réception et du contrôle de l’action, pas seulement de la position finale observée après coup.

Un point à retenir : deux waza-ari pour le même judoka deviennent un ippon, appelé waza-ari-awasete-ippon. En revanche, plusieurs yuko ne se cumulent pas pour produire un waza-ari ou un ippon. Si un combattant mène par waza-ari et l’autre par yuko, le premier est devant au score.

Comment les immobilisations et les soumissions rapportent-elles des points ?

Une immobilisation rapporte un score selon sa durée : yuko à partir de 5 secondes, waza-ari à partir de 10 secondes et ippon à 20 secondes. Le décompte s’interrompt dès que l’immobilisation n’est plus valable, par exemple si l’adversaire sort du contrôle ou si l’arbitre annonce toketa.

Pour qu’un osaekomi soit reconnu, le judoka doit contrôler son adversaire au sol et maintenir une immobilisation conforme au règlement. Une fois le signal donné, le chronomètre d’immobilisation commence. Le combattant immobilisé peut chercher à sortir en déplaçant ses hanches, en tournant vers son adversaire ou en rompant les points d’appui. Une sortie nette arrête le décompte ; un simple mouvement sans rupture du contrôle ne suffit pas.

Les étranglements et les clés de bras peuvent aussi conduire à un ippon. Le judoka soumis peut signaler l’abandon en tapant plusieurs fois sur son partenaire ou le tapis, ou verbalement. L’arbitre peut également arrêter une action avant l’abandon si elle présente un danger. En judo, les clés autorisées portent sur l’articulation du coude ; les autres articulations ne sont pas des cibles autorisées.

Exemple : un judoka maintient son adversaire au sol pendant 12 secondes, puis celui-ci parvient à dégager son dos. L’arbitre attribue un waza-ari, puisque le seuil de 10 secondes a été atteint, mais pas l’ippon. À 20 secondes, l’immobilisation aurait mis fin au combat.

Que se passe-t-il au golden score ?

Le golden score est une prolongation à durée illimitée : le premier score décisif met fin au combat. Un yuko, un waza-ari ou un ippon peut donc départager les judokas, tout comme le troisième shido infligé à l’un d’eux. Il n’y a pas de nouveau décompte de temps maximal à atteindre.

Les scores obtenus pendant le temps réglementaire restent acquis. Si les deux judokas sont à égalité, le premier qui marque en prolongation gagne ; si l’un possède déjà un score supérieur à la fin du temps, il n’y a pas de prolongation. Les shido reçus avant la prolongation sont conservés : un combattant qui en a déjà deux perd au prochain shido.

Exemple d’arbitrage : le score est nul après 4 minutes et chaque judoka a reçu un shido. En golden score, l’un des deux reçoit un deuxième shido : le combat continue, car il n’a pas encore atteint le troisième. S’il commet une nouvelle infraction, il perd par hansoku-make. Une attaque qui donne un yuko à son adversaire mettrait également fin au combat.

Quelles pénalités entraînent un shido ou un hansoku-make ?

Le shido sanctionne une infraction au règlement qui ne justifie pas une disqualification immédiate. Les motifs fréquents comprennent la passivité, une fausse attaque, une posture défensive exagérée ou le fait d’éviter durablement la prise de combat. Le premier et le deuxième shido ne donnent pas de point direct à l’adversaire ; le troisième entraîne la défaite par hansoku-make.

Une fausse attaque peut être signalée lorsqu’un judoka simule une projection sans déséquilibrer réellement son adversaire ni tenter une action crédible. À l’inverse, une attaque qui échoue n’est pas automatiquement une fausse attaque : l’arbitre évalue l’intention et la réalisation de l’action. De même, se déplacer pour défendre une attaque ne constitue pas à lui seul une pénalité ; c’est la répétition d’un comportement qui empêche le combat de se construire qui peut être sanctionnée.

Le hansoku-make peut aussi être prononcé directement pour une action grave ou dangereuse. Selon la nature de l’infraction et les règles de la compétition, une disqualification peut avoir des conséquences au-delà du combat. Les pénalités et leur gravité ne doivent donc pas être interprétées comme un simple système de points : elles servent aussi à protéger l’intégrité physique des combattants.

Quelles erreurs d’arbitrage les débutants interprètent-ils souvent mal ?

Une attaque qui ne marque pas n’entraîne pas nécessairement un shido : il faut distinguer une tentative sincère d’une fausse attaque. Une chute sur le dos ne vaut pas systématiquement ippon, car le contrôle, la force et la vitesse comptent. Enfin, deux shido ne donnent pas automatiquement la victoire à l’adversaire : c’est le troisième qui provoque le hansoku-make.

Quelles actions sont autorisées ou interdites pendant un combat ?

Le judo autorise les projections, le travail au sol et, dans les conditions prévues par le règlement, les immobilisations, les étranglements et les clés de bras. Les combattants saisissent le judogi pour installer leurs prises et construire une attaque. Une prise inhabituelle n’est pas automatiquement interdite, mais elle ne doit pas servir à éviter le combat : l’arbitre peut sanctionner l’absence d’attaque ou une attitude négative.

En combat debout, saisir directement une jambe ou le pantalon pour lancer une attaque est interdit dans le règlement IJF. Cette interdiction ne signifie pas que le judoka ne peut jamais toucher une jambe dans une action : l’arbitre examine le geste et son contexte, notamment si la prise survient dans un échange au sol. Les actions dangereuses, comme certaines techniques de ciseaux ou une projection avec un plongeon sur la tête, sont également interdites et peuvent entraîner une sanction sévère.

Une transition debout-sol est permise si elle prolonge une action réelle. Après une projection, le judoka peut poursuivre au sol pour installer une immobilisation ou chercher une soumission ; si l’action s’interrompt et qu’aucune progression n’est possible, l’arbitre peut annoncer matte. Une clé ou un étranglement ne doit pas être appliqué de manière à mettre en danger la tête, la nuque ou une articulation non autorisée.

Pour mieux lire une séquence, observez-la dans cet ordre :

  1. La prise et le déséquilibre : le judoka a-t-il réellement préparé une attaque ?
  2. La chute : sur quelle partie du corps l’adversaire atterrit-il ?
  3. Le contrôle : l’attaquant accompagne-t-il la projection jusqu’au sol ?
  4. La suite : l’action devient-elle une immobilisation ou une soumission reconnue ?
  5. La décision : l’arbitre annonce-t-il un score, osaekomi, matte ou une pénalité ?

Ce repérage aide à comprendre pourquoi deux projections qui semblent proches depuis les tribunes peuvent recevoir des scores différents.

Les règles du judo changent-elles selon l’âge et la compétition ?

Oui. Les règles internationales de l’IJF encadrent les compétitions de haut niveau, mais les catégories de jeunes et les compétitions nationales peuvent appliquer des adaptations de sécurité et de durée. En France, les règles applicables sont précisées par France Judo, la Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées, et par le règlement de chaque épreuve.

La durée du combat, les conditions de prolongation et les techniques autorisées peuvent varier selon l’âge, le niveau et le format de la compétition. En particulier, les étranglements et les clés de bras peuvent être restreints ou interdits dans certaines catégories de jeunes. Il n’existe donc pas une durée ou une liste de techniques à transposer sans vérification à toutes les compétitions enfantines.

Avant un tournoi, consultez le règlement de l’épreuve ou demandez au club quelle version s’applique. C’est aussi la meilleure façon de savoir si le yuko est utilisé, quelles techniques sont autorisées dans la catégorie concernée et comment sont départagés les combattants à égalité. En cas de doute sur une décision pendant un combat, l’arbitre applique le règlement prévu pour cette compétition, qui prime sur les habitudes observées lors d’un autre tournoi.

Questions fréquentes

Combien de yuko faut-il pour obtenir un waza-ari au judo ?

Les yuko ne s’additionnent pas pour former un waza-ari. Chaque score reste distinct : un waza-ari vaut davantage qu’un ou plusieurs yuko. En revanche, deux waza-ari attribués au même judoka deviennent un ippon et mettent fin au combat.

Combien de secondes faut-il tenir une immobilisation pour marquer au judo ?

Dans le règlement international en vigueur en 2025-2026, une immobilisation vaut yuko à partir de 5 secondes, waza-ari à partir de 10 secondes et ippon à 20 secondes. Le décompte cesse si le contrôle est rompu ou si l’arbitre arrête l’action.

Le golden score peut-il durer aussi longtemps que nécessaire ?

Oui. Le golden score n’a pas de durée maximale : le combat continue jusqu’à un score décisif ou jusqu’au troisième shido d’un des judokas. Les scores et les pénalités reçus pendant le temps réglementaire sont conservés pendant cette prolongation.

Un shido donne-t-il un point à l’adversaire au judo ?

Non, le premier et le deuxième shido ne donnent pas directement de point à l’adversaire. Ils comptent toutefois pour la suite du combat : le troisième entraîne un hansoku-make, donc la défaite. En golden score, une infraction supplémentaire peut ainsi décider du résultat.

Les enfants ont-ils les mêmes règles de judo que les adultes ?

Pas toujours. Les durées, les règles de prolongation et les techniques autorisées peuvent être adaptées selon l’âge, le niveau et le règlement de la compétition. Les étranglements et les clés de bras sont notamment restreints dans certaines catégories. Il faut vérifier le règlement de l’épreuve auprès du club ou de l’organisateur.

Cette page fait partie de notre dossier complet sur Judo. Informations indicatives : règlements et tarifs évoluent, vérifiez auprès de la fédération ou de votre club. Une erreur ? Signalez-la.